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200 ans d'Histoire...

Au début du XIXème siècle, le papier-monnaie, indispensable moyen d'échange et réalité économique incontournable avait dans le souvenir des Français une réputation désastreuse: les billets de monnaie sous Louis XIV, les billets de la Banque de Law sous la Régence et enfin les assignats révolutionnaires avaient tous fini par la perte quasi totale de leur valeur. Il fallait donc accréditer l'idée que le papier-monnaie avait la même valeur que l'or, étalon monétaire.

C'est par la volonté de Bonaparte, Premier Consul, que le 20 Février 1800, naît la Banque de France. C'est dans les locaux de la Caisse des Comptes Courants, Place Notre-Dame des Victoires à Paris que cette banque privée (elle sera nationalisée en 1945), au capital de 30 millions de Francs, ouvre ses guichets. Ceci explique que les premiers billets de 500 F et 1000 F, noirs, unifaces et surchargés "payables à la Banque de France", aient été des billets de cette Caisse.

La Loi du 24 Germinal an XI (14 avril 1803) fixe ses statuts et précise, entre autre que "l'Association formée à Paris sous le nom de Banque de France aura le privilège exclusif d'émettre des billets de Banque aux conditions énoncées par la présente loi".

De cette époque date la définition du Franc qui égale 5 g d'argent à 9/10e de fin soit 4,5 g de pur : c'est le "Franc Germinal" qui restera en vigueur jusqu'en 1928 date à laquelle il sera dévalué et deviendra le "Franc Poincaré" ne valant plus que 1/5e du Franc initial. Les premières coupures de 500 F et 1000 F avaient une valeur considérable que l'on peut estimer à environ 10 fois nos francs actuels. Le Conseil de Régence de la Banque pensait que l'émission de petites coupures était dangereuse au cas où les porteurs de billets viendraient en masse les échanger pour diverses raisons. Déclaration prémonitoire ! En 1805 lors de la dénonciation de la Paix d'Amiens, et malgré les grosses coupures, plus de 3000 personnes viennent demander le remboursement de leurs billets. Heureusement la victoire d'Austerlitz le 2 Décembre 1805 rassure la Nation et le billet de banque reprend son cours.

En 1808 pour "décentraliser" les opérations de banque, des comptoirs sont créés à Lyon, Rouen et Lille, par le décret du 16 Janvier 1908.

Le 21 Janvier 1814, le canon tonne non loin de Paris annonçant la défaite et l'abdication de l'empereur, la banque se résout alors à brûler toute son encaisse de billets (même les anciens retirés de la circulation), détruit planches, matrices et poinçons qui auraient pu servir à l'ennemi. Premier autodafé, malheureusement pas le dernier au cours de notre histoire ! Mais ayant anéanti son stock de billets, la banque se voit aussitôt obligée de mettre de nouvelles coupures en circulation. Ces billets fabriqués pendant l'occupation sont peu élaborés avec un simple liseré, sans vignette et donc sans aucune garantie contre la falsification. Un censeur de la banque déclare sans ironie "sa simplicité fait sa sûreté".

Ce type provisoire de billet ne circule par bonheur que trois ans et il est remplacé en 1817 par un billet très achevé, gravé très finement par Andrieu, artiste renommé à l'époque. L'Assemblée de la banque du 30 Janvier 1917 dans son compte-rendu affirme alors que "sa perfection rendra son imitation impossible".

De 1817 à 1842 - période de vingt cinq ans de paix, seulement troublée par les évènements de 1830 - le billet type 1817 ne subit que des modifications mineures.

En 1845 pour la première fois (et sans doute la dernière) la Banque de France a dans ses caisses la totalité des espèces métalliques, le manque de papier-monnaie se fait sentir. Le Conseil du 8 Janvier 1846 décide la création d'un billet de 5000 F (voir n°A19) - somme fabuleuse pour l'époque - émis à 4000 exemplaires (imprimés pour la première fois non en noir mais en rouge).

Contrairement à l'attente de la banque qui misait sur la réduction des dépenses de fabrication et sur une circulation réduite ; ces grosses coupures eurent très peu de succès et retournèrent, très vite dans les caisses de la Banque de France. Dans son "Histoire de Paris" Maxime Ducamp cite l'exemple de cet homme de lettres original qui règle la dot de sa fille en billets de 5000 F sortis la veille et rapportés le lendemain du mariage par son gendre. Tous ces billets sont rentrés sauf un ; il se trouve dit-on dans une collection particulière.

En 1847 la Chambre des Députés discute pendant quatre jours de l'opportunité d'émettre des petites coupures. Diverses valeurs sont proposées : 250 F, 200 F, 100 F et à l'appui de leur thèse, les uns disaient "les banques départementales émettent déjà des billets de 250 F remboursés normalement par la Banque de France à Paris ; donc pourquoi ne pas les émettre à Paris, au moment où les chemins de fer permettent d'aller d'Orléans à Paris en deux heures". D'autres : "ce n'est pas un billet de 200 F qu'il faut émettre, mais un billet de 100 F plus commode et en cas de panique plus les coupures sont petites, plus on mettra du temps à les rembourser !". Ce fut le billet de 200 F qui l'emporta. Pourquoi ? Parce qu'une coupure de 200 permet des paiements de 100 F. Il suffit de donner un billet de 500 F et on vous rend deux billets de 200 F ! La révolution de 1848 vînt balayer tous ces arguments et un premier billet de 100 F est créé par la Banque de France.

Les évènements nécessitent des mesures exceptionnelles établissant le cours forcé jusqu'en 1850.

En Juillet 1870 la menace d'investissement de Paris pousse la banque à créer des ateliers en Province. La ville de Clermont Ferrand, à proximité de Thiers d'où provenait le papier, fut choisie et on commença à imprimer des billets de petites valeurs 50 F, 25 F (dit type de Clermont-Ferrand n°A45 et n°A44), puis de 20 F (n°A46), car comme cela se passe en période de crise, les pièces d'or et d'argent sont thésaurisées. Les petites coupures deviennent même insuffisantes obligeant des "émissions de monnaie" "Bons de monnaie" "Bons de circulation" émis par des organismes divers, Mairies ou Chambres de Commerce, sans que la Banque de France malgré son privilège d'émission puisse s'y opposer.

En 1872, l'émission de billets de 5 Francs "noir" type 1871, permit à la Banque de France de remplacer les "bons de monnaie" et les pièces d'or cachées dans le bas de laine des français.

Les années 1862/1863 voient la fin des billets monochrome en noir, unifaces, ou bifaces à "l'identique" (le recto et le verso ayant une impression identique, se superposant exactement pour laisser apparaître par transparence une seule image).

En 1874 premiers essais de billets bicolores avec le 20 F Type 1873, plus tard en 1888 les "billets bleus" créés en 1862 pour éviter la contrefaçon par reproduction photographique (récemment découverte), sont remplacés par une série de billets mettant en application l'impression bicolore, les 50 - 100 - 500 et 1000 F "Bleu et rose" Type 1888 et 1889 à partir de 1908 les premiers billets à impression en quadrichromie vont se succéder jusqu'à nos jours (après le 1000 F Type 1897 "non émis").

Le premier billet polychrome ayant circulé, archétype du billet de banque pratiquement inimitable par sa perfection artistique et technique, est le billet de 100 F Type 1906. Dessiné par Luc Olivier MERSON, gravé par ROMAGNOL, ce billet sera en circulation pendant plus de 35 ans jusqu'à l'échange des billets en 1945.

En 1914 la guerre éclate, le cours forcé est rétabli et ne sera pratiquement plus jamais abandonné, exception faite pour le Franc Poincaré (1928). Les espèces métalliques or et argent ne pourront plus être échangées ; de plus la monnaie scripturale (chèques) est acceptée par la Banque de France avec gratuité des opérations.

Un mot du Franc "Poincaré" : en 1928 Raymond Poincaré dévalue le Franc Germinal (1 Franc Germinal = 5 F Poincaré) et pour rétablir la confiance des français en leur monnaie, rétablit la convertibilité Or - papier-monnaie. Seule contrainte mais de taille : les billets pouvaient être échangés contre des espèces métalliques mais seulement au siège de la Banque de France et à concurrence de 215 000 F de billets pour avoir une barre d'or, valeur de celle-ci à cette époque. Les candidats ne furent pas très nombreux...

La période de 1919 à 1939 a été marquée dans l'élaboration du billet de banque français, outre la polychromie, par le recours à l'impression en taille-douce, procédé de gravure en creux sur cuivre. En 1938 c'est l'affolement devant la mobilisation avant les accords de Munick, la Banque de France fabrique alors en toute hâte des billets assez curieux :

- un billet de 3000 F jamais émis

- un billet de 300 F émis en 1938 (reprenant un ancien dessin de Clément SERVEAU, dont la vignette était initialement prévue pour une valeur faciale de 10 Francs), mis en circulation qu'en 1945 à l'occasion de l'échange des billets, à titre d'appoint.

Les billets émis pendant la guerre eurent des caractéristiques liées aux évènements.

- Baisse de la qualité du papier les pâtes de récupération représentant en 1943/1944 jusqu'à 90 % de la masse totale

- Les formats sont réduits par mesure d'économie

- Les centres de production du papier se multiplient (Papeteries d'Arches, Rives, du Fayan, de Rénage, Montgolfier, etc...)

- Certains billets - tel le 1000 F Type 1942 (Déesse Demeter) dessiné par Lucien JONAS sont colorés dans des tons bistre et bronze inspirés des couleurs composites employées par les Allemands dans les Marks d'occupation et permettront d'éviter l'usage de couleurs vives difficiles à se procurer en temps de guerre.

1945 - La fin de la guerre marque une étape importante de la banque : d'une part elle est nationalisée, d'autre part une opération importante décidée bien avant la Libération par le gouvernement français de Londres est effectuée ; c'est l'échange obligatoire des billets de 50 F et au-dessus du 4 Juin 1945. Les objectifs sont multiples : perte de la valeur des billets emportés par l'ennemi hors de France, ainsi que ceux du fameux hold-up de Clermont-Ferrand en 1944. Recensement de la fortune des Français en prévision d'un impôt sur le capital, espoir de la transformation des billets en Bons du Trésor ou Bons de la Libération, etc...

Cette opération aura surtout pour conséquence d'ébranler la confiance du Pays et le crédit de l'état s'en ressentira longtemps.

Les billets de remplacement sont :

- le 5000 F Type 1942, Empire Français, dessiné par Clément SERVEAU gardé en réserve.

- les 50, 100, 500, 1000 F Type "DOLLAR" imprimés aux U.S.A. portant le titre "FRANCE, série de 1944".

- Les 500 et 1000 F "Trésor Central" fabriqués en Angleterre.

- Enfin quelques jours plus tard sortait le billet de 300 F gardé en réserve, dont nous avons déjà parlé. Ces billets, dont certains sans grande garantie contre la contrefaçon, furent assez rapidement remplacés.

Le 30 Janvier 1948 nouvelle surcharge de travail pour la banque ; à la suite des mesures arrêtées par le Conseil des Ministres : dévaluation du franc, libération du marché de l'or, rétablissement du marché libre des changes, le gouvernement décide de retirer de la circulation les billets de 5000 F type Union Française.

La répartition géographique des versements correspondant à la richesse mobilière en France réserva quelques surprises, certaines régions agricoles (Cantal, Allier, Mayenne, Aveyron, Creuse, Nièvre, Orne) étant celles qui déposeront par habitant le plus grand nombre de billets de 5000 F. Cette opération ne fit qu'accentuer la thésaurisation de l'or.

La vie de la Banque de France étant toujours étroitement liée à l'économie et à la politique, en Décembre 1958, après une nouvelle dévaluation, le gouvernement du Général de Gaulle prit une mesure créant un Nouveau Franc (NF) ou "Franc Lourd" égal à 100 fois l'ancien Franc. Cette opération psychologique avait pour but de donner au nouveau franc plus de prestige et surtout l'impression qu'il serait plus solide et plus durable que l'ancien.

Les billets en cours 500, 1 000, 5 000, 10 000, furent surchargés en rouge avec "contre-valeur de X Nouveaux Francs".

Ces mêmes billets furent émis en 1959 avec la valeur modifiée en 5, 10, 50, 100 NF et un billet de 500 NF MOLIERE (n° 60) type 1959 fut créé (valeur faciale importante à l'époque).

Enfin dernière étape : l'arrêté du 9 Novembre 1962 précise que la date prévue par l'article premier du décret n° 62 - 1320 relatif à la nouvelle unité monétaire, est fixée au 1er janvier 1963 ; à partir de cette date l'unité monétaire française sera désignée par le terme "Franc".

La Banque de France nationalisée depuis 1945 a toujours possèdé le monopole d'émission jusqu'à l'arrivée de l'Euro elle était chargée par la loi d'émettre des billets (ayant cours légal et pouvoir libératoire).

En tant qu'institut d'émission, elle se devait tout d'abord de résoudre les problèmes de fabrication.

Les valeurs faciales devaient être choisies de telle sorte que toutes les transactions courantes puissent être réglées avec un minimum de billets.

Le format d'un billet devait être bien adapté : pas de coupures trop grandes qu'il faut plier plusieurs fois, ni trop petites qui s'égarent facilement. Les formats différents présentent des avantages dans les manipulations. En effet, un billet qui n'est pas au bon format se voit immédiatement dans un paquet ou une liasse. De même pour les personnes âgées dont la vue est faible, les dimensions peuvent déterminer la valeur du billet. La dernière série émise par la Banque de France comporte une hauteur constante mais une longueur qui augmente de un centimètre selon la valeur du billet.

La qualité principale d'un billet doit être de résister aux contrefaçons. Outre le rappel inscrit sur tous les billets des graves sanctions prévues par la loi pour le contrefacteur (article 139 du Code Pénal) la Banque de France s'attache à une constante amélioration de la qualité du papier et de l'impression.

Le papier à base de pur chiffon est caractérisé par sa finesse, sa sonorité au froissement, sa résistance aux pliages et à la rupture. Un papier réalisé à base d'orties de Chine, la ramie, fut employé antérieurement pour les valeurs faciales élevées. Le papier utilisé aujourd’hui est un support technique très abouti comportant dans sa trame même des signes de sécurité.

Le filigrane, qui est un dessin ou un portrait apparaissant par transparence, vient compléter les garanties de sécurité.

Les techniques d'impression ont été améliorées constamment, toujours afin de rendre plus difficile la contrefaçon.

Les évènements économiques ou politiques ainsi que les progrès scientifiques sont intimement liés à l’évolution des billets qui connaitront quatre grandes étapes successives d’impression. Les billets imprimés au départ à l’encre noire le seront par la suite à l’encre bleue, puis à l’encre bleue rehaussée de rose, la polychromie enfin après une longue période cédera la place aux nouvelles gammes tirées en offset.

La Banque de France, après la fermeture du Centre d'Etudes et de Réalisations Fiduciaires à Puteaux, possède deux unités de production :

- une imprimerie à CHAMALIÈRES (Puy de Dôme)

- une papeterie à VIC-LE-COMTE (Puy de Dôme)

Soucieuse de la qualité de ses billets, ayant mis au point des techniques originales, elle préfère imprimer elle-même les coupures portant son nom.

Les derniers billets ne furent plus imprimés feuille par feuille mais en bobine et en continu sur machine Goebel inaugurée en octobre 1999.

Chaque année plusieurs centaines de millions de billets français étaient produits ainsi qu'environ 200 millions de coupures destinées à des instituts d'émission étrangères.

Pour maintenir la qualité des billets en circulation, la banque trie tous les billets qui sont reversés à ses guichets suivant un retour moyen de 3 à 11 mois selon les valeurs faciales, (voir tableau sur la circulation fiduciaire) et détruit toutes les coupures sales, déchirées, revêtues de mentions manuscrites, etc... Les petites coupures qui circulent davantage ont une durée de vie de 1 à 2 ans en moyenne, alors que les grosses valeurs, plus thésaurisées ont une vie moyenne de 7 à 8 ans.

Le retrait des billets peut intervenir légalement par le remplacement d'une vignette par une autre : par exemple le 50 Francs "RACINE" fut remplacé progressivement par le 50 Francs "QUENTIN DE LA TOUR", qui fut remplacé à son tour par le 50 Francs "SAINT-EXUPÉRY", les deux coupures pouvant pendant une certaine période circuler concurremment. Pour des raisons évidentes de commodité, cette situation ne doit pas se prolonger trop longtemps, dès que le nombre de billets de l'ancien type a suffisamment diminué, un décret le prive du cours légal. A partir de cette date, les caisses publiques et les particuliers ne sont plus tenus de les accepter.

Malgré l'usage grandissant du chèque (monnaie scripturale) et de l'emploi des cartes de crédit (monnaie électronique), le billet de banque reste nécessaire pour les transactions courantes et il conservera encore longtemps la faveur du public.

 

Chronologie des grandes dates de la Banque de France

  20/02/1800 Création de la Banque de France  
  14/04/1803 Privilège d'émission pour Paris - Loi du 7-17 Germinal An XI  
  16/04/1808 Création de succursales en province avec privilège d'émission étendu aux villes où elles sont établies  
  Avril/mai 1848 Privilège d'émission sur tout le territoire  
  1857 Une succursale dans chaque département  
  1865 Incorporation de la Banque de Savoie  
  24/07/1936 Emprise de l'État - Le Conseil Général est constitué de 20 membres, dont 17 nommés par l'État  
  02/12/1945 Nationalisation de la Banque de France. Privilège d'émission illimité  
  03/01/1973 La Banque de France reçoit de l'Etat la mission générale de veiller sur la Monnaie et le Crédit  
  04/08 - 30/12/1993 La Banque de France définit et met en oeuvre la politique monétaire dans le but d'assurer la stabilité des prix. Elle devient indépendante tout en accomplissant sa mission dans le cadre de la politique économique générale du Gouvernement  




La Banque de France à travers ses billets

 

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