
| 1000 Francs Minerve et Hercule : un spécimen renversant |
Claude Fayette, le 28/12/2004
Ce
billet communément appelé 1000 Francs Bleu Clément
Serveau crée une première dans la collection du billet de
banque. Un spécimen récemment découvert à la
bourse du Palais Brongniart à Paris se révèle unique
dans son genre et déclenche un raisonnement pour le moins insolite.
Un spécimen par définition est un maître étalon
qui permet d'authentifier avec certitude le billet dont il est la référence
parfaite. Celui dont il est question a la particularité très
surprenante d'avoir les deux filigranes à l'envers à leur
emplacement d'origine. Les billets tête-bêche sont de la plus
grande rareté, comme par exemple le 20 F Debussy, le 200 F Montesquieu
ou encore le 500 F Pascal, mais un spécimen comportant cette anomalie
c'est simplement renversant !

Spécimen
du 1000 Francs Minerve et Hercule type 1945 au filigrane inversé
A ma connaissance c'est la première fois que l'on rencontre cette
particularité qui n'était même pas envisageable. On
peut alors s'interroger avec humour et se demander si tous les billets de
ce type émis ayant un filigrane normal ne seraient pas des fautés.
Il est bien sur évident que ce n'est pas le cas et que seul ce spécimen
est différent de la norme.
Ce type de spécimen a été imprimé à la
feuille et il a donc eu des semblables. Que sont-ils devenus ? Ont-ils tous
été retirés et détruits après la découverte
de cette anomalie à l'exception de celui-ci ? Il est aussi permis
de penser que pareille ou toute autre aventure a pu arriver à d'autres
spécimens pour d'autres coupures et ont-ils tous alors connus la
même destinée ?
Cet événement nous fait prendre conscience avec encore plus
d'acuité que tout est possible, que rien n'est jamais sûr à
100% et que le plus inattendu, le plus insolite peut toujours survenir.
Les collectionneurs toujours à l'affût de nouvelles originalités
découvrent au fil du temps sur les billets telle ou telle différence
qui font le bonheur de tous les passionnés et il est important qu'ils
sachent aujourd'hui que même parmi les spécimens, qui semblaient
jusqu'alors insoupçonnables de la moindre imperfection, il faut redoubler
de vigilance.
David Vincent guettait les envahisseurs car il était le seul à
en avoir vu un jour contre toute logique en vigueur, de la même façon
il faut désormais ouvrir encore plus grand nos yeux, avec encore
plus d'attention pour cerner ces extra-terrestres du billet car ils existent
vraiment et nous en avons la preuve !
Article paru
dans la revue Numismatique & Change
de décembre 2003.