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Spécimens et
épreuves : le tonnerre de Dreux ! |
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Max Régnier le 30/05/2011
Depuis
de nombreuses années, mon ami Claude FAYETTE ne cesse d'attirer
l'attention des collectionneurs sur l'exceptionnelle rareté de certains
spécimens français. Pendant deux décennies, les prix sont restés stables,
à des niveaux relativement bas par rapport aux spécimens étrangers.
Certes, d'une vente à l'autre, de la C.G.B. à la maison PLATT sans oublier
les lettres-listes de notre regretté Jean Paul Vannier, quelques uns de
ces joyaux étaient régulièrement proposés mais ces billets ne semblaient
intéresser qu'un petit cercle d'initiés. Les acheteurs ne se bousculaient
pas et il n'était pas rare de voir les mêmes billets invendus d'un
catalogue à l'autre. Cette situation serait elle définitivement révolue ?
La vente de la collection Odette DUVAL à Dreux le samedi 28 mai 2011
pourrait bien le laisser penser. A l'occasion de cette belle vente,
organisée par Françoise BERTHELOT-VINCHON, tous les SPÉCIMENS proposés ont
trouvé preneur, alors qu'une grande majorité de ces billets étaient collés
sur carton à fenêtre, une présentation originale de la Banque de France
mais qui aurait pu rebuter plus d'un collectionneur. Et pourtant, tous ces
spécimens ont réalisé des prix supérieurs à la cote, excepté le 100 F
Cézanne.
Mais surtout, des records historiques ont été réalisés:
Le SPÉCIMEN du 5000 F FLAMENG a été adjugé 22200 € frais inclus soit
plus de 6 fois l'estimation, peut-être un peu volontairement basse, et
plus de deux fois la cote du SPL !

Le SPÉCIMEN du 3000 F vert FILIGRANÉ a été adjugé 11040 €
frais inclus soit plus de 3 fois l'estimation et presque deux fois la
cote !

Le SPÉCIMEN du 1000 F COMMERCE ET INDUSTRIE, proposé pour la
première fois en vente publique et sur catalogue et semblant totalement
inédit en collection d'après Claude FAYETTE, a été adjugé à 4440 € frais
inclus, soit plus de 8 fois l'estimation et presque 4 fois la cote !

Il
semble que de nombreux amateurs (ou marchands ?...) aient pris conscience
de l'urgence d'acquérir ces billets, anticipant une probable explosion des
prix. Les prix importants enregistrés lors de cette vente peuvent certes
laisser perplexes de nombreux collectionneurs, d'autres trouveront peut
être que ces records sont insolents. Qu'ils consultent donc les ventes
étrangères comme SPINK et ils constateront que nous sommes encore très
loin des prix réalisés sur des spécimens étrangers. Tous les billets qui
ont pulvérisé des records dans la vente DUVAL sont des documents
d'exception, d'une intrinsèque rareté, même si la qualité n'était pas
parfaite, pour certains d'entre eux.
Signalons par ailleurs que les
épreuves présentées, filigranées ou non, ont elles aussi réalisé de très
bons prix, notamment celle du 5000 F VICTOIRE type 1934 ( 3120 € frais
inclus ) et celle du 20 F SCIENCE ET TRAVAIL adjugée à 1800 € net.
A l'aune de ces résultats et commentaires, il ne faudrait pas
considérer que le reste de la vente a été un échec. Nombreux étaient les
amateurs de tous les âges et de toutes origines à avoir fait le
déplacement. Les plus belles pièces de la vente furent souvent adjugées à
des acheteurs anonymes au téléphone mais de nombreuses bonnes affaires
étaient à la portée des collectionneurs moyens et débutants pour le
bonheur desquels madame BERTHELOT-VINCHON avait constitué de jolis lots de
billets modernes : lots de Voltaire, Berlioz, Delacroix, Pascal adjugés à
des prix très raisonnables et avec de nombreuses bonnes surprises à la clé
(petits numéros, alphabets recherchés, ...). Billets fautés, billets
contresignés, variantes incontournables dans toute collection sérieuse (10
F Berlioz sans signatures par exemple), chacun pouvait trouver "le billet"
de ses envies et de ses moyens. Seuls trois lots n’ont pas trouvé preneur.
Au total, une belle vente et de très belles performances.
Les
records de la billetophilie sont encore très loin de ceux de la
numismatique mais force est de constater que de plus en plus d'amateurs
sont désormais capables de proposer un prix d'exception pour un billet
d'exception. Après le "coup de tonnerre de DREUX", le marché des SPÉCIMENS
ne sera plus jamais le même. Qu'en sera-t-il des billets du 19ème siècle,
dont certains n'ont pas été vus en vente depuis plus de 10 ans?... Ces
billets qui manquent à presque toutes les collections sont encore trop
souvent marginalisés et cependant les cotes sont largement perfectibles.
Le musée du papier monnaie dont l'ouverture est programmée pour 2014 (voir
article du PARISIEN en date du 26/5/2011), sera sans doute un événement
déterminant dans la prise de conscience par le public qu'une partie de la
collection fait désormais partie de notre patrimoine.
Notre
collection est en plein essor, de nouveaux amateurs (et pas des
novices...) arrivent chaque mois, les cotes et surtout les prix ne sont
plus bloqués. En un mot : OSEZ !... avant qu'il ne soit trop tard.
L'avenir nous appartient.
Max Régnier
