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Prix record pour un billet français du XXème
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Claude Fayette, le 17/05/2008

Je m'interroge sur les prix importants réalisés par certains billets depuis quelques années, lesquels ne surprennent plus personne quelle que soit la valeur faciale des vignettes ou leurs époques. De nombreux collectionneurs aujourd'hui surveillent avec attention les coupures qui devraient atteindre tôt ou tard, comme c'est le cas aux Etats-Unis par exemple, des records encore insoupçonnés. S'il est vrai que tout collectionneur ne peut acquérir certains types de billets déjà inaccessibles, nombreux sont ceux qui espèrent un jour pouvoir trouver le fleuron incontestable de leur collection.
Je pense que pour se lancer dans une telle quête, il faut avoir atteint une maturité de collection suffisante qui permet de pouvoir être plus serein sur son choix et qu'il faut être conscient de l'importance de la valeur que l'on pense pouvoir consacrer à un achat qui devient dans ce cas un réel investissement ou un placement patrimonial.

Quel est le phénomène qui fait que " les records sont faits pour être battus " ? Toujours faire mieux, il en est de même pour toutes les collections comme pour le sport ou pour toute chose. La peinture et l'art en général, ne cessent de battre des records de prix de plus en plus impressionnants. Dans ce monde qui change, tout va plus vite et souvent plus loin qu'on n'aurait pu le penser. De nouveaux pays riches sont en train d'émerger, leur puissance immense ne fait que commencer, des bouleversements commencent à apparaître, il suffit de noter les surprenants records de prix de raretés en tout genre, le record mondial d'un tableau ou d'un timbre, celui d'un billet, sans parler des prix ahurissants de certains vins.

Ce qui peut paraître aujourd'hui excessif risque demain d'être considéré comme banal.
Bien entendu rien n'est facile et il faut bien connaître son sujet pour pouvoir anticiper et prendre ses risques en toute connaissance de cause.
Si l'on regarde l'évolution de la collection qui nous intéresse, elle est constante et bien que quelques billets paraissent avoir atteint de gros prix je pense que nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

Que faut-il pour qu'un billet puisse atteindre des sommets ?

En premier lieu sa rareté, mais surtout le fait qu'il soit envié de tous, il faut pour cela qu'il soit célèbre et que toutes ses qualités soient reconnues par le plus grand nombre. Il suffit alors que deux ou trois collectionneurs prêts à tout pour assouvir leur convoitise soient conscients que seul le prix va pouvoir permettre à l'un d'eux d'obtenir l'objet tellement désiré. Prenons le cas du 5000 F Flameng unanimement recherché, sa rareté n'étant pas intrinsèquement exceptionnelle les prix se font donc suivant les différents états de conservation, un exemplaire parfait quasiment introuvable sur le marché est le style même de la coupure qui peut être en progression constante.



Mais pour battre, voire pulvériser certains records, je pense qu'il faut aller chercher d'autres coupures pour l'instant moins célèbres. Si un billet est unique et fait un gros prix, il risque de ne pas être battu de sitôt car la coupure pourra jalousement rester plusieurs années dans une collection. Si un billet recherché par tous est extrêmement rare et connu à seulement quelques exemplaires, il restera toujours une chance de pouvoir l'acquérir un jour. Chaque nouvelle vente risque de voir le prix du billet nettement progresser, et ce, proportionnellement à la déception de ne pas avoir pu l'acquérir jusqu'alors. Je suis certain qu'un des 6 rarissimes billets très convoités du 1000 F Déesse Déméter datés de 1944 a tout pour devenir un des exemples les plus significatifs de ce phénomène.

Lors de la dernière vente sur offre de la CGB un exemplaire de ces billets a atteint 13.650 € auquel s'ajoute 10 % de frais, soit le prix record de 15.000 €.
La grande rareté de ce billet, qui semble ne pas avoir été conservé dans la prestigieuse collection de la Banque de France et sa notoriété qui ne fait que croître, sont des atouts majeurs pour que ce billet devienne une des pièces maîtresses de la collection. D'après mes dernières recherches, le dernier alphabet sensé être sorti de l'imprimerie de Chamalières est l'alphabet 11124, le fait de posséder l'un des six billets sauvegardés par le Gouverneur de l'époque, qui fait partie des billets jamais sortis officiellement (toute l'année a été détruite), est quasiment aussi enivrant que le fait d'acquérir un des 6 premiers exemplaires émis.

Bien évidemment peu de collectionneurs peuvent se permettre ce genre d'acquisition, mais il suffit de quelques-uns seulement pour que certaines coupures battent à chaque nouvelle vente un nouveau record. Il faut bien avoir à l'esprit que si un billet pulvérise un record, sa nouvelle cote va agir sur celles de très nombreux autres billets de même type plus ou moins rares que lui et c'est ainsi la totalité de la collection qui en bénéficiera le plus souvent.

Aujourd'hui, quelques " collectionneurs investisseurs " et certains importants collectionneurs étrangers s'intéressent de très près aux billets de la Banque de France, considérés à juste titre comme faisant partie des plus beaux billets du monde. Certaines pièces importantes de notre collection ont déjà réalisé de gros prix, mais rien de comparable avec les prix de certains billets étrangers, le record d'un billet étant détenu par un billet de 1000 $ américain de la fin du XIXe siècle avec plus de 2 millions de dollars, on peut noter que ce billet apparu pour la première fois en 1944 avait alors été acquis pour 1425 $ de l'époque.
Ce qu'il est important de souligner, c'est que trois exemplaires de cette coupure existent au Trésor Américain et que 4 exemplaires seraient connus en collections privées. Il n'est pas interdit parfois d'émettre quelques réserves sur quelques records mais ce dont il est certain c'est qu'il n'est pas rarissime de trouver dans des catalogues de ventes de billets américains des billets à plusieurs centaines de milliers de dollars: nos billets les plus rares et les plus prestigieux sont encore très loin d'atteindre de tels prix.

Que faut-il penser de l'évolution de notre collection ?

Je suis persuadé que des écarts de prix importants vont se creuser pour les billets dans certaines dates très rares et aujourd'hui recherchées par le plus grand nombre. Des records sont à attendre pour de nombreuses vignettes, l'offre étant ridiculement basse par rapport à la demande.

Durant cette année, je n'ai cessé de travailler sur le prochain ouvrage de poche qui devrait sortir début 2009. J'annonçais dans l'ouvrage de base que certaines cotes étaient très perfectibles et les dernières ventes le confirment, aussi de fortes variations sont à prévoir pour un certain nombre de coupures. Comme à l'accoutumée de nouvelles informations originales seront mentionnées.


Claude Fayette
Article paru dans la revue Numismatique & Change
d'avril 2008

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