
| Dernière Gamme : attention aux faux fautés |
Claude Fayette, le 28/10/2004
Mon
propos est ici de mettre en garde les collectionneurs contre certaines variétés
de la Dernière Gamme. En effet vous êtes de plus en plus nombreux
à vous intéresser aux billets dits "fautés"
ou comportant certaines anomalies répertoriées comme "variété".
Lors de l'acquisition d'une "variété" il est déterminant
de vérifier l'authenticité de l'anomalie. Dans la majorité
des cas il suffit de contrôler si les numéros et les lettres
de série sont en concordance avec les indications données
dans mon ouvrage. Si certains billets n'y sont pas signalés et si
les numéros sont très différents de ceux mentionnés
dans les nota, il faut alors prendre encore plus de précautions et
apporter une attention toute particulière aux caractéristiques
inhabituelles de la coupure.
Si pour certaines catégories de billets et pour certaines anomalies le doute ne se pose pas, il n'en est pas de même au sujet de la Dernière Gamme. En effet l'engouement grandissant pour ces originalités semble malheureusement avoir ouvert la porte à certains risques de tromperies qu'il convient de dénoncer précisément.

Les billets de 100 Francs "Cézanne" se rencontrent parfois avec une bande blanche à la place du strap. Même s'il est probable que certains billets ont sans doute été réellement fautés lors de leur fabrication je me dois de considérer cette originalité comme n'ayant aucune légitimité pour être reconnue comme une " variété" dans la mesure où nous avons découvert que cette anomalie pouvait être facilement reproductible.
L'impression de ces vignettes est effectuée sur un papier comportant déjà le strap qui à son tour subit une surimpression, aussi il est aisé d'en concevoir la suppression à l'aide d'un procédé très simple qui consiste à "gommer" tout ou partie des encres après application d'un trait de trichloréthylène qui laisse alors apparaître une bande blanche. Cette démonstration est très facile à réaliser et absolument évidente.
La possibilité de" fabriquer" des billets à bande blanche existe également pour les billets de 50 Francs "Saint Exupéry", de 200 Francs "Eiffel" et de 500 Francs "Pierre et Marie Curie". Avec un peu plus d'attention et de précision il est vrai, bien que les encres aient tendance à baver, il est possible de faire disparaître très proprement tout ou partie du strap et par conséquent ceux-là aussi ne peuvent se ranger dans la catégorie des "fautés" et être répertoriés comme "variété". Une observation très poussée au microscope serait peut-être susceptible de nuancer ces affirmations mais dans la mesure où un sérieux doute existe il faut être très méfiant à l'égard des coupures présentant un strap plus ou moins complet ou remplacé par une bande blanche et de façon plus catégorique les ignorer totalement.
Il est bien certain que des collectionneurs et des marchands de bonne foi dont l'intégrité n'est aucunement mise en doute ont acquis des coupures dont je fais état (c'est mon cas pour le 100 Francs "Cézanne") mais elles ne peuvent à regret figurer dans une collection que comme document ou souvenir ou bien leurs détenteurs peuvent se persuader envers et contre tout qu'il s'agit bien d'une véritable rareté fautée.
Malgré tout ce que je viens d'exposer et ce n'est pas contradictoire, je reste intimement convaincu que l'anomalie réelle existe mais dans la mesure où cette caractéristique peut se reproduire aisément je préfère pour l'instant ignorer cette spécificité. Il existe suffisamment de coupures comportant des anomalies intéressantes et dont l'existence est irréfutablement prouvée pour ne pas se distraire dans d'hypothétiques" variétés".
L'avenir peut-être nous aidera à voir plus clair non pas dans le noir mais dans la bande blanche.
Il ne faudrait surtout pas confondre avec les autres anomalies rencontrées sur la Dernière Gamme comme les billets ne comportant aucun strap mais sans le tracé d'une bande blanche qui sont à considérer différemment dans la mesure où grâce à nos recherches et malgré nos essais la contrefaçon ne semble pas réalisable.
C'est avec
regret que je dénonce cette particularité mais il faut parfois
avec courage "mettre au placard" un objet de sa collection qui
n'exprime pas intrinsèquement la valeur qui peut lui être attribuée
car la vraie dimension d'une collection réside dans la quête
du beau, du rare, et de l'authentique et à terme l'honnêteté
paie toujours.
Article paru
dans la revue Numismatique & Change
de janvier 2000.
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sur le même thème : N°9
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