
| Dernière Gamme : attention aux faux fautés (2) |
Claude Fayette, le 02/11/2004
Dans
l'article de Janvier 2000 (voir ici), je dénonçais
vivement ce que j'appelle des "faux-fautés" à savoir
des billets de la nouvelle gamme intentionnellement trafiqués de
manière à obtenir une rareté négociable à
un prix plus intéressant.
Ce fait s'aggrave et prend même des proportions inquiétantes
dans la mesure où dans chaque bourse à présent des
billets sans signes de sécurité apparaissent. J'ai pu le constater
directement car certains collectionneurs ou professionnels viennent me demander
un avis avant une transaction concernant ces billets et je reçois
également des fax et des courriers me signalant telle ou telle particularité
et la soumettant à mon appréciation. Je ne suis évidemment
pas le seul et les professionnels établis dont la compétence
est certaine sont également confrontés à cette demande
et s'interrogent alors avec science et conscience avant de décréter
tel ou tel billet fauté "vrai" ou "faux".

On peut réellement parler de fausse-monnaie car ces contrefaçons
habiles ne sont destinées qu'à faire du profit malhonnête,
de la basse spéculation sur des objets qui animent notre passion
en premier lieu et qui procurent certes une plus-value mais dans le respect
et l'intégrité.
Le dernier exemple en date est le cas de plusieurs billets de 200 Frs "Eiffel"
qui se présentent sans le pont. De toute évidence celui-ci
a été supprimé et je suis catégorique !
Certes le phénomène est si subtil que même des professionnels
de la banque ont failli être abusés. Je ne suis pas "l'extra-terrestre"
du papier-monnaie mais j'étudie et observe avec un oeil exercé
les billets depuis tant d'années que la première impression
est déterminante, comme un sixième sens, instinctivement le
doute s'installe ou pas. Ensuite il faut bien regarder le billet à
plat au niveau des yeux en le faisant très légèrement
osciller dans une lumière rasante. Celle du soleil est la meilleure.
Si le billet est "touché" on peut apercevoir une très
légère trace d'auréole à l'emplacement du signe
de sécurité disparu et avec encore plus de précision
on peut distinguer comme l'empreinte de celui-ci.
Nous le savons avec certitude, les véritables anomalies existent et pour la plupart les numéros des billets concernés sont répertoriés dans mon ouvrage et ils sont généralement dans un état parfait et ne présentent en aucun cas les caractéristiques énoncées plus haut. Ces billets présentent un intérêt pour la collection car ils sont rares.
Je vous entends aussitôt me dire : mais alors comment faire pour être absolument sûr d'avoir en mains un véritable billet fauté ?
Comme pour les faux billets qu'il peut arriver involontairement de manipuler dans la vie de tous les jours en faisant ses achats, certains en toute bonne foi ne voient pas que tel ou tel billet est une fausse coupure par inattention ou tout simplement par manque de connaissances spécifiques. Une personne avertie ou un professionnel fera instantanément et sans conteste la différence. Il en va de même pour ces billets "fautés" et si le cas se présente il convient d'être très vigilant, très observateur et ne pas hésiter à prendre l'avis de plusieurs spécialistes.
Je crie haut et fort : prenez garde et soyez actifs car par votre vigilance et vos réserves cette tentative d'escroquerie s'éteindra comme un feu qu'on cesse d'alimenter. Il est fort regrettable que notre collection passionnante et enrichissante à plus d'un titre soit polluée par une marée de noires intentions.
Dans le milieu
industriel on dit communément que la contrefaçon est la rançon
du succès mais qu'il faut énergiquement la combattre. A l'inverse
de l'industrie nous ne produisons rien, nous recherchons et préservons
ce qu'une grande institution fabrique avec talent et les très rares
fautés ne sont qu'exceptions.
Ceux qui faussent les règles du jeu sont à ignorer et à
rejeter systématiquement car seul le profit les motive et ce profit
est malhonnête. Le succès de notre collection se passe aisément
de telles manoeuvres, et lorsqu'on parle de rançon le mot enlèvement
vient soudainement à l'esprit. Alors n'enlevons rien à ce
monde passionnant du billet de banque, enrichissons le de notre connaissance,
de notre curiosité toujours plus affinée, et si rançon
du succès il doit y avoir, qu'elle soit plutôt dans la difficulté
croissante à trouver des raretés.
Article paru
dans la revue Numismatique & Change
d'avril 2000.
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Article
sur le même thème : N°5
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